The Purple Fox — نكتب من بين الشقوق

Jalons de la beauté

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  • Shourouq fattal
    Écriture

    Shourouq fattal

    Écrivaine, critique et médecin syrienne vivant en Allemagne
  • Bahaa Iaaly
    Traduction & Révision & Relecture

    Bahaa Iaaly

    Écrivain et traducteur libanais
  • Alaa Hassanien
    Réalisation & Design

    Alaa Hassanien

    Poétesse, journaliste culturelle et critique de cinéma, d'origine égyptienne, elle a grandi en Arabie saoudite et réside en France

Dès notre venue au monde, l’existence tout entière se resserre pour tenir dans un seul être humain. Et très tôt, nous prenons conscience de son visage : c’est à travers nos mères que nous découvrons le féminin pour la première fois, et nous comprenons qu’elles sont ce que nos yeux ont vu de plus beau jusque-là, si bien que la vie se dessine entre leurs sourcils et leur menton. Avec le temps, les reflets de nos propres sentiments viennent se déposer sur leurs traits, ainsi que la façon dont nous percevons le visage de l’autre. J’avais l’habitude de toucher un grain de beauté caché sur la joue de ma mère, et cela apaisait une part de l’angoisse de la séparation et de l’attachement. Nous aimons tant nos mères qu’elles en deviennent d’une beauté éblouissante, avant que les chemins de la beauté ne s’entremêlent et que notre lien avec la vérité ne se rompe, si bien que nous ne savons plus : aimons-nous le beau parce qu’il est beau, ou devient-il beau parce que nous l’aimons ? 

La caméra de Sam Mendes scrute la vie d’une famille américaine qui, de loin, semble parfaite, puis ne tarde pas à révéler un vide abyssal : le rêve américain dans toute sa saisissante réalité, une image publicitaire qui a réduit la beauté à une promesse sans réalité. American Beauty s’achève sur une définition inattendue de la beauté : la caméra suit un sac plastique qui danse dans le vent devant un mur, que personne n’a voulu là et dont personne ne se soucie, et qui semble, un instant, ce que l’on puisse voir de plus beau. Pris dans l’impitoyable broiement de la vie, nous oublions la beauté qui nous entoure, même lorsque la beauté consiste à fixer le néant et à le voir ; Ricky murmure, en regardant la vidéo : « Parfois, il y a tant de beauté dans le monde que je ne peux pas la supporter ; j’ai l’impression que mon cœur est sur le point de s’effondrer. »

Puis, quand j’ai commencé à faire l’expérience de l’existence humaine dans toutes ses dimensions, j’ai compris que la beauté pouvait se loger dans la gentillesse passagère d’un inconnu, dans une conversation profonde avec un ami, dans une bonté inattendue, ou dans la détermination de l’être humain à renaître après s’être brisé. Mais à mesure que ses significations s’élargissaient, la question qui me revenait demeurait liée à son rapport dialectique au féminin : pourquoi avons-nous, en littérature, abordé la beauté précisément à travers la femme ? D’autres questions s’enchaînent : quand l’enfant prend-il pour la première fois conscience de la beauté ? Comment cette perception se traduit-elle ensuite ? Quelle différence y a-t-il entre la beauté de la forme et celle du fond ? Et laquelle des deux la mémoire retient-elle ? Il me faut ici faire un aveu, déjà formulé par beaucoup avant moi, mais qu’il est nécessaire de rappeler : la beauté n’est pas un concept fixe qu’il suffirait de saisir pour qu’il reste en place ; elle est fille de sa culture et de son temps, et n’échappe pas à l’emprise de ceux qui ont assez de pouvoir pour imposer leur goût aux autres. C’est pourquoi ce qui paraît, au premier abord, aller de soi — reconnaître le beau quand on le voit — est en réalité l’une des choses les plus complexes qui soient.

J’ai encore un aveu à faire : mon cœur tout entier va à la beauté que le premier regard ne saisit pas. Mais j’ai compris que je ne pouvais pas rendre justice à la beauté si je partais de ce que j’aime ; l’histoire de la beauté, telle que je vais la retracer, est pour une large part l’histoire du pouvoir de la forme, comment le corps a été présenté puis soumis, comment le beau a été séparé du bien puis de nouveau relié à lui, comment, enfin, la forme seule a été couronnée. C’est pourquoi j’ai choisi de ne pas séparer la forme du fond au gré de mes seules préférences, mais de les accompagner tandis qu’ils se séparent et se soudent à travers les siècles. Il me fallait donc revenir au commencement. 

La beauté s’est mêlée dès le début à des notions qui n’en étaient pas encore détachées : dans les premières statues, le corps aux formes pleines exprimait une beauté liée à la fécondité et à la naissance, et la beauté se confondait aussi avec le bien dans son sens originel, à une époque où le bien n’était pas encore une idée morale, si bien que ce qui était beau était nécessairement bon ; elle se confondait également avec le sacré, car les anciens ne pouvaient concevoir leurs dieux autrement que d’une beauté suprême ; la beauté excessive était, à leurs yeux, le signe qu’une main divine était passée par là. À Sumer, Inanna, qui deviendra plus tard Ishtar, incarnait la déesse de l’amour et du désir, et la beauté n’était pas encore un royaume qui eût besoin d’une divinité pour le gouverner. C’est à elle qu’Enheduanna l’Akkadienne, la première autrice de l’histoire humaine dont le nom nous soit parvenu, consacra des hymnes célébrant le charme et l’éclat d’Inanna ; on peut donc dire que le premier texte littéraire portant la signature de son auteur fut écrit par une femme, au sujet de la beauté d’une divinité féminine, preuve que nous tentons d’immortaliser la beauté par l’écriture depuis des millénaires. Quant à la beauté antique elle-même, même chez Aphrodite qui sera plus tard appelée déesse de la beauté, elle demeurait davantage l’ombre du désir qu’une qualité à part entière. 

Et tandis que je me retrouvais peu à peu plongée dans la recherche du contexte d’où avait surgi la beauté, ou plutôt de comprendre pourquoi les humains avaient d’emblée considéré que le beau était nécessairement bon, je suis revenue à Platon et à Athènes, et j’ai trouvé que la langue grecque elle-même avait fondu le beau et le bien en un seul idéal composite : la kalokagathia, le beau et le bon ensemble, titre que l’on accordait au citoyen accompli. La séparation entre la beauté physique et le bien moral, c’est-à-dire entre la forme et le fond, n’était donc pas une distinction que la langue permettait même de formuler. La pensée de Platon s’est inscrite dans cette fusion, tout en commençant, paradoxalement, à la défaire ; dans Le Banquet, l’un de ses dialogues les plus célèbres, il a placé dans la bouche de ses personnages les premiers germes de tout ce que les humains diraient ensuite sur le corps, l’amour et la beauté. 

Platon a trouvé dans la beauté physique la porte d’entrée et le degré le plus bas, mais indispensable, pour atteindre la connaissance esthétique, ce que l’on appellera plus tard le fond ; chez lui, la vraie beauté se cache derrière des couches successives que celui qui regarde doit franchir l’une après l’autre. Le Banquet renferme un paradoxe qui frappe le lecteur d’aujourd’hui : ce que Platon a dit de plus profond sur la beauté nous parvient par la voix d’une femme, Diotime, qui n’a peut-être jamais existé ; un masque féminin dans un dialogue écrit par un homme sur l’amour entre hommes, lors d’un banquet dont les femmes étaient exclues. Ainsi, la première philosophie de la beauté a emprunté la voix d’une femme tout en effaçant les femmes réelles.

Tandis que la philosophie grecque s’employait longuement à décomposer la notion de beauté et reléguait le corporel au plus bas de son échelle, la poésie préislamique faisait, sans le savoir, la même chose. Le poème préislamique ne s’ouvre ni sur la guerre ni sur la fierté, mais sur la halte devant les ruines et l’évocation de la bien-aimée ; la poésie amoureuse est le seuil du poème, tout comme le corps était le seuil de l’échelle de Platon. De là, le poète part sur sa chamelle, à travers le désert et ses rudesses, pour atteindre à la fin du poème la sagesse, la plus haute et la plus noble de ses finalités. C’est ainsi qu’Imrou al Qays énuméra les charmes de sa bien-aimée, membre après membre, au début de sa mou’allaqa ; la poésie part du corps désiré pour aboutir à la connaissance, exactement comme Platon voulait que l’amant s’élève du corps beau aux Idées. Deux cultures qui ne se sont jamais rencontrées ont bâti la même échelle. 

Durant mon enfance, la beauté et la pudeur se sont liées, dans mon esprit ; qui était belle était nécessairement séduisante, et devait donc se montrer pudique, faute de quoi elle aurait à en répondre devant Dieu, selon le texte religieux. Beaucoup pensent que la beauté et sa dissimulation sont nées avec les religions, alors qu’en réalité le voilement précède de plusieurs siècles l’avènement des religions monothéistes ; dans les lois médio-assyriennes, plus de mille ans avant l’ère chrétienne, les femmes libres et les filles de notables étaient tenues de se couvrir la tête, tandis que le voile était interdit aux femmes esclaves et aux prostituées sous peine de châtiment. Le voile était le signe d’une femme appartenant à un homme de bonne naissance. La notion de rareté traverse également la beauté : ce qui se fait rare devient désirable, et ce qui est désiré est caché ; c’est pourquoi les familles en sont venues à dissimuler la beauté, au cœur d’une mutation historique liée au passage à la vie urbaine et aux échanges de biens et de ressources, car la femme voilée est une femme qui n’a pas besoin de travailler aux champs, et le voile fut ainsi, avant d’être un signe de piété, un signe de richesse.

Et je ne peux évoquer la beauté chez les Arabes sans accorder au Coran la place qui lui revient. Le mot jamal, sous sa forme nominale, n’apparaît qu’une seule fois : « Et il y a pour vous de la beauté quand vous les ramenez le soir et quand vous les menez paître le matin » (Sourate An Nahl, 6), la beauté d’une scène quotidienne qui passe inaperçue et que le texte nous invite à contempler. Quant à la beauté humaine, elle prend, dans la sourate de Joseph, la forme d’un choc physique provoqué par la vue du beau : des femmes se tailladèrent les mains, sans même sentir la douleur, et s’écrièrent : « ce n’est pas là un être humain ». Ce qui me frappe dans l’histoire de Joseph, c’est que sa beauté est sa malédiction même ; le premier être d’une beauté excessive dans le texte sacré est un homme qui a payé le prix de sa beauté et s’est élevé au-dessus d’elle, et c’est cette même élévation qui ouvrira plus tard la porte aux mystiques, lorsqu’ils feront de la beauté de Joseph un témoignage de la beauté divine. Entre les deux, Ibn Hazm a écrit, dans Le Collier de la colombe, sur le premier regard et l’empire de l’œil : comment l’amour entre par le regard avant même que l’âme sache ce qui lui est arrivé.

Si l’amour entre par les yeux avant même que l’âme sache ce qui lui est arrivé, quelle autorité reste-t-il donc à la morale sur ce que choisit l’œil ? La question est plus ancienne que je ne le pensais : elle avait déjà été posée à Athènes, et c’est le disciple de Platon lui-même qui y répondit. Dans La Poétique, Aristote sépare le jugement esthétique du jugement moral, marquant ainsi la première séparation entre les deux dans l’histoire de la pensée : chez lui, la tragédie peut représenter le mal et rester belle, car sa beauté tient à sa construction et non à la vertu de son sujet. La kalokagathia, dans laquelle la langue grecque avait fondu le beau et le bien, s’en trouva fissurée ; il devint dès lors possible, pour la première fois, d’être beau, tout simplement. Mais suffit-il au beau d’être beau ? 

Dans le film Wolf, Jack Nicholson, s’adressant à Michelle Pfeiffer, formule l’un des paradoxes de la beauté, toujours entier aujourd’hui : « Tu es si belle que les hommes se retournent, mais toi, tu veux qu’ils se retournent pour toi, pour ce qu’il y a derrière ce visage, derrière ses couches ; et la tragédie, c’est que ce qui se cache à l’intérieur ne mérite peut-être pas le voyage, et que la seule chose qui pousse quelqu’un à l’entreprendre au départ, c’est précisément ce visage. » Une scène brève nous dit que la beauté est ce qui nous pousse à la découverte et à supporter les efforts qu’exige la connaissance ; elle offre à celui qui la porte la chance d’être découvert, tout en le privant, dans le même temps, de la certitude de l’avoir été pour lui-même. 

Mais cette problématique même — la conscience, chez celui qui est beau, de ce que signifie sa beauté — n’était pas encore née, car le beau ne s’était pas encore détaché du sacré. Ainsi se dessinèrent les frontières du regard esthétique au Moyen Âge. Puis la Renaissance fit descendre le divin de son ciel jusque dans le corps humain, selon l’idéal d’harmonie formulé par l’architecte romain Vitruve, pour qui le corps humain pouvait s’inscrire à la fois dans un cercle et dans un carré, comme symbole d’une harmonie divine faisant de l’homme un pont entre le divin et le monde matériel. Ce fut là l’un des piliers de l’humanisme de la Renaissance, qui éleva le corps humain au rang de microcosme de la création, mais le corps ainsi inscrit dans le cercle et le carré était celui d’un homme. La femme, elle, demeura, même lorsqu’elle était représentée, comme la Vénus de Botticelli, soit divinisée, soit dissimulée sous sa chevelure. La perfection masculine s’expose ; la perfection féminine est divinisée ou voilée. Et pourtant, personne, alors, ne se demandait qui regardait ; la beauté demeurait encore une qualité du corps, non un jugement dans le regard de celui qui voit. Cette question-là attendrait encore des siècles. 

Et tout cela sans que la beauté se soit encore détachée des autres grands concepts, religieux, moraux et mathématiques. En 1750, l’Allemand Alexander Baumgarten publia un ouvrage intitulé Aesthetica, et forgea ainsi le terme « esthétique » à partir du grec aisthesis, « perception sensible » ; la beauté eut enfin, par ce geste, une discipline qui lui était propre, après être restée pendant des siècles subordonnée à d’autres domaines, mais elle quitta les choses elles-mêmes pour passer dans le regard de ceux qui les contemplent. Hume, en effet, transféra l’autorité du jugement esthétique de la chose belle à celui qui la contemple ; la beauté, chez lui, ne réside pas dans les choses en elles-mêmes mais dans l’esprit qui les contemple. Il redistribua ensuite cette autorité entre certains « critiques » : autrement dit, la beauté cessa d’être une qualité que possède celui qui la porte pour devenir un jugement que d’autres rendent à son sujet, certains étant tenus pour aptes à le rendre, ce qui préparait déjà à déposséder celui qui la portait de la propriété même de sa beauté. Puis vint Burke, qui distingua le beau du sublime : l’un exprimait la délicatesse, la faiblesse et le besoin de protection, l’autre ce qui est immense, terrifiant et puissant, et il rattacha le premier à la féminité, le second à la masculinité. La philosophie donna ainsi, pour la première fois, une dimension genrée explicite à la beauté dans un texte philosophique. 

Et sans doute le plus marquant de ceux qui, en ce siècle, abordèrent la beauté en la séparant du désir et de l’utilité fut Kant : dans la Critique de la faculté de juger, il proposa la plus célèbre définition du jugement esthétique dans l’histoire de la philosophie : la satisfaction désintéressée ; aimer une chose sans vouloir rien en tirer, ainsi la rose est belle lorsqu’on ne cherche pas à la cueillir. L’un des apports les plus importants de son œuvre est sa distinction entre la beauté libre, celle qui n’obéit à aucun concept préalable, et la beauté adhérente, celle que nous jugeons en la comparant à une idée de ce qu’elle devrait être. Or Kant plaça la beauté humaine dans cette seconde catégorie : la beauté humaine ne peut jamais être une pure forme, car nous ne regardons jamais un visage sans faire intervenir un idéal de ce que l’être humain devrait être. Ainsi s’acheva le XVIIIe siècle, chassant le fond du royaume de la beauté et couronnant la forme seule, désormais entre les mains de celui qui regarde et non de celui qui la porte. 

En vérité, cet article ne saurait embrasser tout ce que la beauté est devenue, sur les plans philosophique et épistémologique, dans la modernité et au-delà, mais je peux dire que l’une des manifestations les plus claires de la beauté au XXe siècle est venue du cinéma et de l’art, où elle s’est rapprochée de l’être humain contemporain comme jamais au cours des siècles précédents. L’esthétique s’est aussi affirmée dans la musique et la culture populaire, s’affranchissant des limites du savoir académique traditionnel ; elle est devenue accessible à quiconque s’assoit dans une salle obscure ou écoute une chanson. La beauté brisa ses cadres et, l’espace d’un bref instant, sembla avoir été reprise à ceux qui en détenaient le pouvoir. Puis vint le XXIe siècle, qui l’enchaîna à une industrie qui la soumit aux normes du marché et de ce qui est en vogue.

En vérité, cet article ne saurait embrasser tout ce que la beauté est devenue, sur les plans philosophique et épistémologique, dans la modernité et au-delà, mais je peux dire que l’une des manifestations les plus claires de la beauté au XXe siècle est venue du cinéma et de l’art, par lesquels elle s’est rapprochée de l’être humain contemporain comme jamais au cours des siècles précédents. L’esthétique s’est aussi affirmée dans la musique et la culture populaire, s’affranchissant des limites du savoir académique traditionnel ; elle est devenue accessible à quiconque s’assoit dans une salle obscure ou écoute une chanson. La beauté brisa ses cadres et, l’espace d’un bref instant, sembla avoir été reprise à ceux qui en détenaient le pouvoir. Puis vint le XXIe siècle, qui l’enchaîna à une industrie qui la soumit aux normes du marché et des tendances dominantes.

Restait la question que le XVIIIe siècle avait ouverte et que personne n’avait refermée : qui regarde ? Hume avait transféré la beauté dans l’œil de celui qui regarde, sans imaginer que cet œil deviendrait, deux siècles et demi plus tard, un algorithme dessinant la forme du monde et réorganisant tout ce qu’il contient, au point d’influencer nos sens et l’attention que nous portons à ce qu’il y a de beau autour de nous. L’intelligence artificielle a hérité du regard**, mais non de** l’expérience qui l’avait façonné ; comment donc notre goût se forme-t-il, quand un observateur sans yeux, sans même qu’un être humain se tienne derrière lui, nous y précède ? Entrons-nous aujourd’hui, à l’heure où la machine domine, dans une nouvelle ère esthétique ? Il y a en moi une enfant qui a vu un lever de soleil inoubliable, et qui me rappelle que la beauté se ressent avant de se juger, et qu’elle refuse de se laisser enfermer dans des cadres aux angles calculés et aux dimensions limitées. C’est pourquoi je continuerai de la chercher là où l’algorithme ne peut l’atteindre : dans l’insolite et l’oublié, là où se rencontrent la mémoire, la nature et la fragilité.